Charles de Foucauld


Le jeune homme riche

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Le vicomte Charles Eugène de Foucauld de Ponbriand naît à Strasbourg le 15 septembre 1858. La devise familiale (« Jamais arrière ») laisse entrevoir ce que sera le caractère du jeune Charles…

Il perd ses parents à l’âge de 6 ans, et est recueilli, avec sa sœur cadette, par ses grands-parents maternels.

En 1876, il intègre Saint-Cyr, où il débute une vie dissolue, et, deux ans plus tard, il choisit l’Ecole de cavalerie de Saumur. La même année, son grand-père meurt en lui laissant un héritage très confortable qu’il dilapidera en soirées fastueuses et agitées.

En 1880, il est affecté au 4° hussard à Pont-à-Mousson, puis est envoyé à Sétif en Algérie avec son régiment. Il continue à mener une vie de désordre, à tel point qu’en février 1881 il est rayé des cadres de l’Armée après avoir refusé de renvoyer sa maîtresse. Il part alors pour Evian où il continue la même vie, malgré l’ennui qui le ronge de plus en plus.


Le chemin vers la conversion

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Il apprend soudain qu’à cause de désordres en Algérie, son ancien régiment est envoyé au combat. Rejetant sa vie luxueuse, il sollicite sa réintégration dans son régiment, qui est acceptée. Il se révèle bon meneur d’hommes et chef militaire courageux. Il est frappé par la foi des musulmans qu’il croise.

Au cours d’une expédition il aperçoit au loin les montagnes de l’Atlas marocain. Le Maroc est alors un pays interdit aux occidentaux, sous peine de mort. Charles mûrit alors un projet d’exploration de ce pays. Il démissionne de l’armée, prend contact avec des spécialistes. Il voyagera déguisé en rabbin, avec l’aide du rabbi Mardochée. Ce périlleux voyage, de juin 1883 à mai 1884, lui permettra de rencontrer un peuple, sa foi, ses espérances. Il revient à Paris, publie ses relevés qui lui valent une reconnaissance immédiate.

La foi des marocains musulmans et des juifs qu’il a rencontrés l’amène à se poser des questions. Et peu à peu, il se surprend à prier le Dieu des chrétiens, dont sa cousine lui parle tant :
« Mon Dieu, si Vous existez, faites que je Vous connaisse ! »

Sur les conseils de ladite cousine, il rencontre le curé de l’église St Augustin, l’abbé Huvelin, dans son confessionnal, et lui demande de lui enseigner la foi catholique.
« Confessez vos péchés et allez communier, et vous croirez ! »

« Aussitôt que je crus qu'il y avait un Dieu, je compris que je ne pouvais faire autrement que de ne vivre que pour Lui : ma vocation religieuse date de la même heure que ma foi : Dieu est si grand. »


En quête de soi

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Fin 1888, après avoir terminé l’ouvrage tiré de son périple marocain, Charles part pour un pèlerinage de quatre mois en Terre sainte. Puis il entre à la Trappe de Notre-Dame-des-Neiges (Ardèche) le 16 janvier 1890, où il prend le nom de Frère Marie-Albéric. Mais il rêve d’une pauvreté plus radicale, et en juin suivant, il rejoint une Trappe parmi les plus misérables, la Trappe de Cheikhlé, à Akbès, en Syrie. Il y restera six années.

Après ses premiers vœux en 1892, il commence à se demander s'il peut réaliser à la Trappe son idéal de pauvreté, d'abjection et de pénitence : « Si on me parle d'études, j'exposerai que j'ai un goût très vif pour demeurer jusqu'au cou dans le blé et dans le bois et une répugnance extrême pour tout ce qui tendrait à m'éloigner de cette dernière place que je suis venu chercher dans cette abjection dans laquelle je désire m'enfoncer toujours plus à la suite de Notre-Seigneur... et puis, en fin de compte, j'obéirai. »

Très tôt, Frère Marie-Albéric se rend compte que la vie austère d’Akbès ne lui suffit pas : il lui faut plus pauvre encore. En 1896, il est envoyé en Algérie, puis à Rome, mais l'abbé général des Trappistes est bientôt convaincu de sa vocation personnelle : il le dispense de ses vœux le 23 janvier 1897.

Charles de Foucauld repart alors en Palestine et y mène de mars 1897 à mars 1900 une vie d'ermite. Installé dans une modeste cabane chez les Clarisses de Nazareth, il s'emploie incognito comme domestique. En 1900, la Mère Provinciale des clarisses de Jérusalem le convainc de devenir prêtre. À la fin du mois d'août, Charles s'embarque pour Marseille et, de là, gagne le monastère de Notre-Dame-des-Neiges. Après avoir reçu les ordres mineurs, le 7 octobre 1900, il est enfin ordonné prêtre au Grand Séminaire de Viviers le 9 juin de l'année suivante. Au mois d'octobre 1901, le "Père de Foucauld" s'installe à Béni-Abbés, à l’ouest du Sahara algérien, non loin de la frontière marocaine.


Ermite au Sahara

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Revenu en Afrique du Nord, Charles de Foucauld entre en contact avec ses anciens compagnons d’armes de l’armée française. A Béni-Abbès, il croit se découvrir une vocation : racheter des esclaves, et se faire leur serviteur, mais c’est un échec. Il essaie aussi de renouer les contacts qu’il avait noués au Maroc, afin de s’y établir, mais il n’y parvient pas.

Il est finalement appelé, entre autres par le commandant Laperrine, à approcher les Touaregs. L’année 1904 sera consacrée à des voyages dans le sud algérien, pendant lesquels il rencontre ce peuple nomade. En août 1905, il arrive à Tamanrasset, au sud de l’Algérie. Déjà, il a noué des liens avec le chef des Touaregs, Moussa Ag Amastane, et il a commencé à étudier leur langue et leurs traditions : il poursuivra cette étude jusqu’à la fin de sa vie.

Désormais il passera tous les ans au moins six mois à Tamanrasset, et le reste du temps sera passé en voyage, en France ou à la suite des Touaregs, qui vouent rapidement une vénération au « Frère Charles de Jésus », encore qu'une femme confiera plus tard qu'elle et ses compagnes ne cessaient de prier Dieu pour que l'ermite se convertisse à l'islam...

Il travaille jusqu'à onze heures par jour à des travaux linguistiques qui l'absorberont jusqu'à sa mort: rédaction d'un lexique, qui deviendra peu à peu un monumental dictionnaire touareg-français ; transcription, traduction et commentaire de poésies touarègues (six mille vers en tout), travail qu'il n'achèvera que le 28 novembre 1916, trois jours avant d'être assassiné. De ces travaux, qui aujourd'hui encore font autorité, seule une petite partie sera publiée de son vivant.

En décembre 1911, pour suivre les Touaregs qui y ont mené leurs troupeaux en raison de la sécheresse persistante ailleurs, il séjourne à l'Assekrem, plateau au cœur du Hoggar, où plus tard il fera construire d'après ses plans un petit ermitage qu'il pourra utiliser l'été. Il y rédige son testament :

« Je désire être enterré au lieu même où je mourrai et y reposer jusqu'à la résurrection. J'interdis qu'on transporte mon corps, qu'on l'enlève du lieu où le bon Dieu m'aura fait achever mon pèlerinage. »

Celui qui voulait mourir martyr est assassiné d'un coup de feu le 1er décembre 1916 par des rebelles et pillards senousistes à la porte de son ermitage.

Le 24 avril 2001, le Pape Jean-Paul II approuve le décret d'héroïcité des vertus du Père de Foucauld qui devient ainsi Vénérable. Le 13 novembre 2005, il est béatifié par le Pape Benoît XVI.